
Texte de Miguel Piccand, Photos de couverture: zvg/Keystone SDA
Les deux meilleurs élèves de la saison régulière vont s'affronter en finale après des demi-finales remportées avec des scores relativement aisés (les deux séries terminées 4-1). Ces scores sont sans doute un peu trompeurs mais l'issue des séries ne faisait que peu de doute après l'acte IV. Qui va l'emporter ? Le «Rekordmeister» davosien ou… le Dragon qui n’a encore jamais rien gagné au plus haut niveau national ?
Logique sportive, tension maximale
La finale de l'élite du hockey suisse oppose deux équipes qui ont dominé leur sujet du premier au dernier acte. HC Davos et HC Fribourg-Gottéron, respectivement premier et deuxième de la saison régulière, se retrouvent pour une affiche aussi logique que chargée de sens.
Sur 52 matches, les Grisons ont imposé une cadence impressionnante, faite de constance et d’efficacité. Davos a rarement vacillé, s’appuyant sur une structure collective rodée et une force offensive incarnée par son capitaine et Topscorer Matej Stransky, qui dispute ses derniers matches sous le maillot jaune et bleu. Le fameux creux post-Spengler, souvent redouté à Davos, n’a cette fois jamais eu lieu. Derrière Stransky, des étrangers comme Filip Zadina ou Adam Tambellini ont également été très influents.

Matej Stransky Foto: Keystone - Gian Ehrenzeller
Fribourg, lui, n’a jamais décroché. Gottéron a livré l’une des saisons régulières les plus abouties de son histoire récente, alliant équilibre et maturité. Symbole de cet équilibre : les confrontations directes entre les deux clubs, équilibrées (2-2), avec un avantage systématique à domicile. Un élément loin d’être anodin. Davos, tête de série numéro un, débutera à domicile et pourrait bénéficier d’un éventuel acte VII sur sa glace. Dans une série où les détails compteront énormément, ce facteur peut peser. Mais Fribourg – comme Davos – a prouvé toute la saison sa capacité à performer à l’extérieur (44 points en 26 matches, 3 victoires sur 5 en play-off).

Des séries révélatrices
Le parcours en play-off n’a fait que confirmer la hiérarchie. Davos a d’abord écarté EV Zoug (4-1), avant de dominer les ZSC Lions sur le même score. Une demi-finale marquée par un choix fort de Josh Holden. Le coach davosien a surpris en se passant d’Adam Tambellini lors des actes 3 à 5, préférant le profil plus rugueux de Brendan Lemieux. Un pari audacieux mais gagnant : Lemieux a apporté une intensité nouvelle et inscrit le but décisif de l’acte V. À moins que Tambellini, auteur de 8 points en 5 matches, n’ait été diminué ? Le doute reste entier.

Brendan Lemieux Foto: Keystone - Andreas Becker
Fribourg a suivi une trajectoire tout aussi convaincante. Après des hauts et des bas face aux SC Rapperswil-Jona Lakers (4-3), les Dragons ont maîtrisé leur demi-finale contre le Genève-Servette HC. L’élimination des Grenats, sans véritable moment de doute, illustre un changement profond. Jamais Fribourg n’avait semblé aussi serein à ce stade. Certes, le 4-1 peut paraître flatteur, mais les Dragons ont été efficaces et ont limité les erreurs défensives, contrairement aux Aigles.
Cette évolution porte la marque de Roger Rönnberg. Le technicien suédois a profondément transformé la gestion émotionnelle de son équipe, qui ne subit plus les moments chauds mais les contrôle.

Reto Berra Foto: Keystone - Gian Ehrenzeller
Histoire contre destin
Les deux équipes devront composer avec des absences importantes : Sandro Schmid côté fribourgeois, et Valentin Nussbaumer côté davosien. À cela s’ajoutent plusieurs incertitudes : Andrea Glauser diminué côté Fribourg, Enzo Corvi (reprise individuelle) et Michael Fora, blessé lors de l’acte IV face aux ZSC Lions.
Mais cette finale dépasse les seules considérations tactiques. Elle s’inscrit dans une histoire. Davos, «Rekordmeister» avec 31 titres nationaux (dont 6 sacres et 10 finales depuis 1985/86), avance avec le poids de son héritage. Fribourg porte celui de l’attente : quatre finales, aucune victoire. Lors de ses finales (1992, 1993, 1994, 2013), Fribourg était trois fois favori. En 1993, Kloten, leader de saison régulière, avait déjà brisé ce rêve.
Treize ans après sa dernière finale, Gottéron revient avec ses figures emblématiques. Julien Sprunger incarne la fidélité et la quête inachevée. Reto Berra, impérial et futur joueur de Kloten, est un facteur X majeur. En face, Sandro Aeschlimann offre des garanties solides. En cas de blessure, l’équilibre bascule des deux côtés, mais encore plus du côté fribourgeois : Galley peu convaincant, Hollenstein blessé, alors que Davos dispose du Finlandais Roope Taponen, engagé en cours de saison.

Julien Sprunger Foto: Keystone - Peter Klaunzer
Entre géant historique et prétendant en quête de premier sacre, le duel évoque un David contre Goliath moderne. Mais Fribourg semble armé pour pouvoir répondre. Berne puis Kloten ont déjà dit non deux fois chacun. Davos sera-t-il le prochain ?
Les points en faveur de chacun
Mon pronostic:
Davos 3 – 4 Fribourg
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