National League 2026/27 – Mauvaise passe ou vrai problème ?

20.10.2026
Aktualisiert am 20.10.2026
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Par Miguel Piccand

Certaines formations de National League ont déjà joué 13 voire 14 matchs, soit un quart du championnat, et il y a bien sûr déjà des questions sur certains profils qui sous-performent. L'échantillon est bien sûr encore faible, mais donne déjà une première tendance s'il y a sujet à s'inquiéter ou non. Le pourcentage de réussite sur des tirs peut fortement varier avec 1 ou 2 buts de plus, donc j'essaie de ne pas trop en tenir compte dans ce papier. Les seuls chiffres honnêtes pour le moment, c'est le volume et la qualité des occasions : eux se stabilisent beaucoup plus vite. Voici quatre profils particulièrement en dessous des attentes que j'ai sélectionnés.

Tambellini : victime du (mauvais) jeu de puissance grison ?

Adam Tambellini (Davos)

A Davos, on s'entend bien que le problème principal est avant tout collectif car personne ou presque en performe comme il est supposé. Cependant, pour Adam Tambellini c'est la direction qui est intéressante. Trois saisons, trois pourcentages de réussite en recul (14,9 %, puis 11,6 %, puis 7,7 %), et un volume de tirs qui ne se maintient plus au niveau d'avant : avec environ deux fois moins de tirs pris par match comparé à la saison passée. Pour les buts escomptés à forces égales, ils demeurent relativement similaires, ce qui laisse entrevoir un manque de chance actuel. Manque de chance à forces égales, peut-être, mais en jeu de puissance sa moyenne de buts escomptés diminue de moitié par rapport aux deux exercices précédents. Doit-on résumer – peut-être à juste titre (?) – qu'une grande partie des problèmes grisons de cette saison sont dus à leur très mauvais jeu de puissance, le pire de la ligue ? Tambellini est à mon avis l'un joueur les plus doués offensivement du pays, probablement dans le Top 15, donc je ne peux pas imaginer que cela dure trop longtemps.

Aaltonen : tout simplement pas assez productif ?

Miro Aaltonen (Berne)

Six buts sur 139 tirs en deux saisons. C'est le dossier où ladite malchance ne suffit plus comme explication. Et les ixG sont sans ambiguïté : 0,77 par 60 minutes à égalité numérique en 2024/25, 0,73 l'an dernier, 0,73 cette saison. Ses occasions attendues n'ont pas bougé d'un iota ; c'est sa conversion qui s'est effondrée, de 18,5 % à 4,3 % puis 3,5 %. Autrement dit, il tire toujours, plus ou moins dans les mêmes zones, et presque rien ne rentre. Son exercice 2024/25 — 20 buts en 36 matches, à Kloten — apparaît de plus en plus comme l'anomalie, pas comme l'étalon. Ses buts escomptés en power-play se sont aussi «normalisés». Berne choisit pour le moment de ne pas s'en passer, préférant placer des buteurs comme Emil Bemström ou Sonny Milano parfois comme surnuméraires. Tout cela probablement car c'est un centre. Jusqu’à quand ? 

Labanc : des chiffres inquiétants

Kevin Labanc (Rapperswil)

Pour Kevin Labanc, qui était attendu comme une « version améliorée de Malte Strömwall » – parti à Zurich – par nombre de supporters, c'est la désillusion. Il n'a pas de saison de référence en National League. L'an dernier, il jouait en KHL à Shanghai : 34 points en 55 matches, 0,62 par match, match des étoiles à la clé. En NHL, et notamment à San José, c'était quand même plus un créateur qu'un finisseur — 153 assists pour 84 buts. Ses ixG disent d'ailleurs qu'il crée peu : 0,38 par 60 minutes à égalité numérique, mais quand même 1,79 ixG en supériorité numérique, un vrai apport avec un homme de plus. Ses buts sur le jeu de puissance vont commencer à rentrer, cependant son très faible poids sur le jeu à égalité numérique est franchement problématique.

Berra : un calendrier peu évident, certes

Reto Berra (Kloten)

Non, Berra n'a pas beaucoup joué — et c'est précisément le sujet. Engagé pour deux ans afin de succéder à Ludovic Waeber après le titre fribourgeois, il devait apporter la stabilité que Kloten cherchait. Le MVP des play-off 2026 (source link: Reto Berra et Julien Sprunger récompensés aux Swiss Ice Hockey Awards | RTS ) a manqué le début d'octobre pour cause de maladie. Son bilan est mauvais. Mais la comparaison avec Fadani (90,4 % en six matches) demande de regarder les matchs, pas seulement les chiffres — et le calendrier est éloquent. Fadani a affronté Davos en grande peine, Zoug, Langnau, Fribourg et Ajoie. Berra, lui, a notamment pris Genève, Zurich et Lausanne, tous à l'extérieur. Sans minimiser bien sûr les bonnes performances du gardien italien, c'est tout de même deux programmes, deux niveaux d'adversité. Kloten est dernier, 9 points en 13 matches, 25 buts marqués pour… 50 encaissés, le pire différentiel de la ligue. La situation ne peut que s'améliorer pour Kloten, mais aussi pour son portier titulaire. Est-ce que cela passe par un changement de coach ?