
Texte de Miguel Piccand, Photos de couverture: Melvin Bühler
L’année 2025 en National League restera comme un exercice riche, dense et particulièrement révélateur des forces vives de notre championnat. Entre confirmations attendues, renaissances inattendues et explosions statistiques, ces distinctions permettent de dresser une photographie assez fidèle de ce qu’a été la hiérarchie individuelle sur les patinoires helvétiques. Tour d’horizon, catégorie par catégorie.
Difficile de passer à côté d’Austin Czarnik (Berne, puis Lausanne). Avec 60 points en 54 matchs disputés pour Berne et Lausanne, l’Américain s’impose comme le joueur le plus électrisant de l’année. Un joueur extrêmement complet qui sait tout faire sur la glace, qui fait «vivre le palet» comme peu. Son impact dépasse largement les feuilles de match: il dicte le tempo, fluidifie le jeu et élève ses coéquipiers. En plus, pour l'avoir côtoyé environ une heure en décembre, je peux dire qu'il est très intéressant et vraiment très sympathique, surtout par rapport à d'autres nouveaux profils parmi les étrangers de notre championnat.
Aurait aussi mérité d’être listé : Dominik Kubalik (Ambrì-Piotta, puis Zoug) est probablement celui qui s'est le plus rapproché de Czarnik en termes d'impact et le meilleur buteur sur l'année 2025. Mais l’influence globale du Lion, actuel Top Scorer du championnat, fait la différence.
Trois profils, trois trajectoires, mais un même dénominateur commun: l’efficacité. Luca Fazzini (Lugano) est le meilleur Suisse au nombre de points en 2025 (48 en 55 parties), confirmant une régularité parfois remise en cause et sa capacité à porter une attaque. Fabio Hofer (Bienne), lui, impressionne tout autant : meilleur buteur suisse avec 23 réussites, et ce dans un effectif biennois qui marque globalement assez peu dans le Seeland. Un exploit qui force le respect. Enfin, Théo Rochette (Lausanne) complète ce trio avec la meilleure moyenne de points par match (0,93), symbole de son influence immédiate lorsqu’il est sur la glace.
Grégory Hofmann (Zoug). Eh oui ! Qui ne l'a pas critiqué la saison passée et même en début d'exercice ? Pourtant, les chiffres ne mentent pas. Il est le 3e Suisse au nombre de points réussis en 2025 (45 unités en 54 parties) et à forces égales, Zoug a inscrit avec lui 43 buts et n'en a reçus que 21, soit un bilan impressionnant + 1,5 buts par 60 minutes de glace du numéro 15 zougois à égalité numérique. Je l'ai aussi cru «bien diminué» à son retour de Columbus, j'ai été frustré qu'il ne s'acharne pas plus pour réussir là-bas. Mais force est de reconnaître qu'il envoie par ses performances une belle flèche à beaucoup de suiveurs. Denis Malgin (Zurich) aurait bien sûr aussi mérité d’être listé avec son énorme influence des deux côtés de la glace couplée à ses deux titres (NL et CHL), mais ces Awards restant individuels, mon choix est assumé.

Photo: Denis Malgin
Photo credits: Melvin Bühler
Le cas Erik Brännström (Lausanne) est presque absurde. Présent seulement quatre mois en Suisse, il compile 30 points en 36 matchs, soit quasiment les mêmes totaux offensifs que des défenseurs ayant disputé une saison complète. Plus frappant encore: ses 15 buts, un total que personne n’approche, son plus proche poursuivant culminant à 11 réussites… en 58 matchs. Une domination statistique rare.
Malgré deux mois d’absence pour raisons de santé au début de la nouvelle saison, Romain Loeffel (Berne) affiche une moyenne exceptionnelle de 0,72 point par match en 2025. Personne ne s’en approche (le Biennois Rodwin Dionicio arrive second à 0,60). Si ses qualités offensives sautent aux yeux, le Neuchâtelois n’oublie jamais l’essentiel : il reste en plus très fiable devant son propre gardien.
Lukas Frick (Lausanne, puis Davos) incarne la constance. Toujours très fiable dans les deux sens, il a rappelé dans les Grisons qu’il pouvait toujours être aussi décisif sur le jeu de puissance. Meilleur défenseur suisse aux points sur l’année et 5e en influence positive par 60 minutes de jeu à égalité numérique, il s’impose logiquement.
Mention spéciale – et cela m’a étonné – à David Aebischer (Lugano), dont l’année au Tessin – 9e place au classement des compteurs avec 20 points et 6e dans le classement du bilan global par rapport aux buts marqués et encaissés à égalité numérique – a peut-être été injustement sous-estimée.
À 37-38 ans, Reto Berra (Fribourg) défie le temps avec 92,4 % d’arrêts sur 2419 minutes jouées. Une performance d’élite, tout simplement. À un âge où beaucoup ont déjà raccroché les jambières ou accepté un rôle secondaire, il continue à livrer des performances de tout premier plan, rappelant que l’expérience reste une arme redoutable à ce poste si spécifique.
Aurait pu être listé: Kevin Pasche, très bon à Lausanne et constant sur les deux saisons, dont la progression et la maturité affichées à un si jeune âge méritent d’être soulignées.

Photo: Lars Leuenberger
Photo credits: Tom Hiller
Josh Holden est le grand artisan du retour de Davos au premier plan. Outre les play-off 2025 où il avait «balayé» Zoug, puis poussé Zurich en six matchs, il a surtout mené le HCD à 105 points en 54 matchs, meilleure moyenne du championnat. Une maîtrise tactique remarquable qui permet au club grison d’être déjà quasiment qualifié pour les play-off 2026 à Noël. Remarquable.
Auraient aussi mérité d’être listés : Lars Leuenberger (Fribourg), Geoff Ward (Lausanne) et Marco Bayer (Zurich) pour ses deux titres.
Ces Awards 2025 ne sont pas une vérité absolue, mais ils racontent une histoire cohérente: celle d’un championnat suisse mature, spectaculaire et porté par des individualités capables de marquer durablement leur époque.
Je vous souhaite à toutes et tous une excellente année 2026, où j’aurai à nouveau la chance d’exposer mon point de vue pour MySports sur la NL et la NHL, pour pas loin d’une vingtaine d’articles annuels sur le blog romand.