
Par Miguel Piccand
Quelques matches seulement, mais déjà des signaux nets: Roman Josi et Pius Suter tiennent leur rang, les Devils inquiètent, Nino Niederreiter joue son avenir, Kevin Fiala attend toujours son retour et Akira Schmid doit s'imposer dans un rôle de doublure exigeant. Tour d'horizon des Suisses de NHL.
Une valeur sûre de 36 ans
Roman Josi (Nashville Predators)
Roman Josi reste le point d'ancrage de Nashville. Le capitaine des Predators devrait, comme depuis des années, porter la ligne bleue, jouer les grosses minutes et alimenter l'attaque. Il répond au-delà des attentes sur ce début de saison: six points en autant de rencontres. À 36 ans, il demeure le Suisse le plus influent de la ligue et la référence de tout le contingent. Le défi sera de tenir ce rythme sur 84 matches, dans une équipe qui dépend beaucoup de lui.
Un capitaine bien seul
Nico Hischier (New Jersey Devils)
Nico Hischier est le visage du projet des Devils. Capitaine et premier choix de la draft 2017, il devait mener un groupe bâti autour de plusieurs anciens premiers choix et joueurs de haut rang, censé s'inviter parmi les prétendants à la Coupe. Or New Jersey reste loin du compte: 87 points la saison passée, à treize points d'une place de wildcard (c’est énorme!) et un début qui ne rassure pas. Les résultats collectifs doivent maintenant passer un cap, autant pour les Devils que pour le bilan global de Nico qui n’a – à ce jour – disputé que 22 matchs de play-off NHL dans sa carrière (!).
Fiable, mais discret
Pius Suter (St. Louis Blues)
À Saint-Louis, Pius Suter occupe un rôle de centre polyvalent de milieu de formation (14’ en moyenne de glace), celui qu'il tenait déjà à Vancouver et que son coach Jim Montgomery lui confie dans le même esprit. Régulier et propre défensivement, il offre de la stabilité plus que du spectacle. Son contrat arrive à échéance à la fin de la saison: avec cinq points en six matches, il est bien parti pour obtenir peut-être le meilleur contrat de sa carrière. On rappelle qu’il gagne aujourd’hui 4,125 M $ par exercice. Un cap offensif supplémentaire – à l’image de sa saison 2024/25 avec les Canucks – lui ferait du bien, dans cette optique.
Toujours en panne de buts
Timo Meier (New Jersey Devils)
Timo Meier devait être l'un des finisseurs de New Jersey, un ailier puissant capable de marquer régulièrement et de peser sur l'avantage numérique. Le début de saison est plus que mitigé: une assist, aucun but et un -3. Il n'est pas seul en cause, car les Devils peinent collectivement, avec un groupe offensif qui a peu changé depuis l'an dernier si on excepte l’arrivée de Luke Evangelista et d’Anthony Mantha. Mais son profil impose des chiffres, et son rendement conditionne les ambitions de la franchise. Jusqu’à quand va-t-on être patient avec « Timo Time » ?
Dernière année sous pression
Nino Niederreiter (Winnipeg Jets)
Nino Niederreiter entame la dernière année de son contrat (4 millions), après une saison 2025/26 gâchée par un genou opéré (19 points en 61 matches). L'objectif était de retrouver un rôle de soutien fiable dans l'attaque des Jets, mais la concurrence a grandi: quatrième ligne lors des deux premiers matches, puis trois mises à l'écart de suite, avant de rejouer (12’) le 13 octobre. Le bilan comptable (trois matches, aucun point) importe moins que la tendance: à 34 ans, le Grison joue son prochain contrat. Je me dis qu’il peut encore rendre de précieux services et plutôt étonné du traitement qui lui est réservé par son coach Scott Arniel, lui qui compte – on le rappelle – tout de même 541 points en 1138 parties. En même temps, Winnipeg n’a perdu qu’un seul match sur six dans le temps règlementaire…
Pas étranger à la mauvaise défensive des Devils
Jonas Siegenthaler (New Jersey Devils)
Jonas Siegenthaler est un des deux défenseurs défensifs (avec Brett Pesce) de référence de New Jersey, chargé de stabiliser la zone et d'encaisser les minutes difficiles. Il est lié aux Devils jusqu'en 2028. Ce rôle se juge peu aux stats «primaires», mais son -5 après cinq matches colle à une équipe qui concède trop. Il évolue tout de même un peu plus de 19’ par match donc c’est difficile de se persuader qu’il ne fait pas partie du problème actuel. Bien sûr avant tout collectifs, les soucis concernent d'abord les profils dont la mission est de protéger. Problématique… Mais il va se reprendre sans doute.
Moins de glace avec l’arrivée de Carlson
Janis Moser (Tampa Bay Lightning)
Janis Moser est devenu à Tampa une pièce centrale de la défense: les Lightning l'ont prolongé pour huit ans (54 millions). On attend de lui une défense fiable, une bonne relance et beaucoup de temps de jeu. Le début de saison est plutôt conforme avec zéro point mais un +2 en cinq matches. Mais attention tout de même, car son temps de jeu moyen a baissé de… 4’ (16’55’’ actuellement contre 21’15’’ la saison passée) en moyenne. C’est beaucoup lié à l’arrivée de John Carlson dans l’effectif. J.J., qui a fleurté avec les 30 points déjà durant trois saisons, ne peut plus se contenter de cela.
Une année charnière
Lian Bichsel (Dallas Stars)
Lian Bichsel entame la dernière année de son contrat d'entrée, après une saison 2025/26 amputée par une blessure à la cheville (50 matches). Avec plus de deux mètres, il est attendu comme un défenseur physique, appelé à jouer un rôle assez ingrat mais diablement important. Ses «stats» prouvent qu’il est plus qu’un «goon», mais ce qu’il va faire cette saison va bien sûr fortement conditionner son prochain contrat.
Retour espéré en novembre
Kevin Fiala (Los Angeles Kings)
Kevin Fiala devait être un des principaux créateurs des Kings, lié à Los Angeles jusqu'en 2029 (7,875 millions par an). Sa fracture à la jambe aux Jeux olympiques a tout changé: deux opérations, une saison 2025/26 terminée prématurément et un retour désormais visé pour début novembre. Il n'a pas encore joué. Les Kings, sous pression dans une division Pacifique plus relevée, attendent son talent offensif. Il faut aussi dire qu’avec les nouvelles conditions du cap salarial, son salaire paraît bon marché à la vue de ses différentes statistiques.
Une saison qui peut aller dans tous les sens
Akira Schmid (Florida Panthers)
Akira Schmid était censé seconder du mieux Jacob Markström : le Suisse est arrivé de Vegas avec un contrat de deux ans à 2 millions par saison. Markström est un vétéran dont la forme suscitait des doutes la saison passée au New Jersey, et en général depuis quatre saisons. Avec le départ de Bobrovsky, Florida promettait un poste clair de numéro 1 au Suédois. Le début (trois matches, 87,5%) de Schmid n'est pas rassurant, mais l'échantillon est mince: sa saison se jouera sur la durée. Et Markström a déjà des pépins physiques, donc il faut se relever les manches dès maintenant pour demeurer en NHL au-delà de 2028.