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Article - Signé Stéphane – Professionnel, mais pas toujours

Avec la construction des nouvelles patinoires, le hockey suisse a fait un immense bon en avant dans son développement ces dernières années. Par contre, dans le domaine sportif, il y a des choses qui refusent malheureusement de changer.

Les structures des clubs suisses sont de plus en plus professionnelles. Le côté business se développe à vitesse grand V et les matches de hockey sont devenus de véritables événements. On se fait d’ailleurs un point d’honneur à tourner les fondues dans les règles de l’art et à bichonner les VIP dans les loges. Et c’est tant mieux.

Même si le hockey n’est pas votre tasse de thé, le confort des patinoires vous permettra tout de même passer une agréable soirée sans vous geler les fesses et risquer une bonne crève le lendemain. Il s’agit d’ailleurs là d’une avancée « technologique » remarquable dans le monde du hockey suisse.

Certains écologistes s’en offusquent volontiers, allant même jusqu’à proposer des patinoires synthétiques pour sauver la planète. Alors que la solution la plus simple serait probablement de classifier le hockey comme une activité artistique. Un domaine où le coût environnemental du confort est souvent considéré autrement.

La base

À travers tout cela, on en oublie parfois la base. Comme celui d’attribuer les buts et les assistes correctement durant les rencontres au lieu d’attendre qu’ils soient revus et corrigés vers minuit les soirs de matches. Au moment où les affrontements sont déjà choses du passé pour les amateurs et les médias. Les exploits rapportés le lendemain ayant largement moins d’effets.

À titre d’exemple, sur les douze buts marqués lors de la victoire de Lausanne contre Lugano (8-4), sept étaient inscrits sans aide sur le feuille de match à l’issu de la rencontre. Le comble du ridicule, surtout que vers 23h45, après la révision officielle, les sept réussites ont toutes été créditées d’assistes largement mérités.

Il aura également fallu attendre le lendemain de la partie du LHC contre Langnau pour réaliser que Jason Fuchs avait obtenu huit points. Parce que « seulement » cinq figurait sur la feuille de pointage à la fin du match. Un exploit qui aurait pourtant dû faire la une de tous les médias immédiatement après la rencontre. C’était incontestablement la « story » du match.

Pour mieux vendre leur produit et promouvoir leurs joueurs vedettes en signalant leurs exploits en temps réel, la National League devrait faire comme l’IIHF, la NHL et toutes les ligues professionnelles du monde qui le font depuis longtemps. C’est-à-dire revoir l’action à la vidéo immédiatement après le but et attribuer les points correctement. Une démarche très simple qui ne prend que quelques secondes en plus.

Jason Fuchs a dû attendre quelques heures après le match contre Langnau pour confirmer qu'il avait obtenu huit points dans le match.

Un système archaïque

En Suisse, on confie encore aux arbitres le mandats de déterminer les pointeurs. Un système archaïque qui mène à des erreurs chaque soir. Surtout que les arbitres ne se donnent pas forcément beaucoup de peine. « Ce sera de toute façon corrigé plus tard », confient certains. Une attitude minimaliste qui ne sert pas la cause du sport spectacle dont ils font partie.

Le plus comique, c’est que durant leur carrière, les Dubé, Domenichelli et Alston venaient réclamer leurs points auprès des arbitres durant les matches. De même, les capitaines Duca, Vauclair et Steinegger n’hésitaient pas non plus à venir corriger les feuilles de matches au besoin.

Les modifications étaient donc effectuées avant la fin des rencontres, comme il se doit. Et les joueurs obtenaient immédiatement tout le crédit qui leur revenait pour leur travail. Rien de plus normal, dans la mesure où il s’agit ultimement de leur « gagne-pain ».

Des caméras sur les lignes

S’il existe un autre exemple du manque de professionnalisme de la National League, c’est bien celui de la qualité des images à disposition pour juger des éventuels hors-jeu. Il suffirait pourtant d’installer deux petites caméras placées dans l’axe des lignes bleues. Sans être toujours parfait, ce serait au moins 100 fois mieux que les outils actuels.

Les arguments qu’on nous sert sont les mêmes qu’on servait aux arbitres lorsque ceux-ci demandaient l’installation de caméra au-dessus des cages. « Ce n’est pas si important et ça n’arrive pas très souvent ». Pourtant, 15 ans plus tard, on se rend compte de l’énorme utilité des caméras fixées au plafond pour juger les actions litigieuses. Sans parler du côté spectaculaire des images.

Suite aux événements du match entre Bienne et Davos mardi dernier, la question qui se pose, une fois de plus, c’est pourquoi infliger une pénalité mineure à une équipe qui challenge un hors-jeu si les images ne sont pas suffisamment bonnes pour être concluantes. Une interrogation plus que légitime.

D’un autre côté, lorsque les équipes décident de challenger, elles le font sur la base de ces mêmes images qui sont parfois jugées non-concluantes. Les staffs ne devraient-ils pas, en conséquence, évaluer aussi le risque que les images soient considérées comme insuffisantes avant de se lancer dans un challenge ?

Révision des pénalités majeures

Sur le plateau de MySports, depuis que la NHL a introduit la possibilité que les arbitres puissent revoir les éventuelles pénalités majeures, on répète sans cesse qu’on devrait les imiter. Ce d’autant plus que notre livre de règlement vient d’être harmoniser avec celui de la ligue de référence.

Tout récemment, Reto Berra aurait dû être chassé de la rencontre à Zoug pour son dangereux « piquer bout manche » qui lui a logiquement valu un match de suspension. De même, le très théâtral Lucas Boltshauser a provoqué le renvoie prématuré du zougois Jan Kovar au vestiaire suite à un embellissement crasse.

Deux scènes qui auraient pu être jugées adéquatement grâce aux images vidéo. Mais au prix de quelques minutes supplémentaires. Les dirigeants préfèrent donc que les arbitres influencent parfois à tort le cours des matches plutôt que de rallonger ceux-ci. Un choix étonnant dans le hockey d’aujourd’hui.

Bon week-end à tous !
Stéphane