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Article - Signé Stéphane – J’en ai marre

Je suis dans une période où je commence sérieusement à saturer avec le Covid et ces virus mutants du monde entier. Mais également avec les patinoires vides, les spécialistes nouvelle génération, les réformes du hockey suisse et la NHL. Plus capable !

La gestion de la crise actuelle m’agace. Parce qu’elle défie régulièrement ma logique. Et parce qu’elle occulte une partie de la réalité. Celle qui ne se comptabilise pas en termes de cas positifs, de lits d’hôpitaux ou en morts. Et qui considère la santé mentale comme un dommage collatéral.

Car les cas de détresse psychologique en Suisse ont été multipliés par six depuis une année. Et la « task force » commence seulement à s’en inquiéter. Ça nous rassure, mais juste un peu. Car une fois les perfusions étatiques débranchées, les lendemains de la crise seront désastreux.

Heureusement qu’il y a le ski pour soutenir le moral des privilégiés agglutinés, avec la morve au nez, au bas des pistes de nos chères stations. Celles dont on veut assurer la survie à n’importe quel prix.

J’en ai marre

De la gestion à la carte des quarantaines imposées aux équipes. Car dans le genre discrétionnaire et incompréhensible, on peut difficilement faire mieux. À croire que nos médecins cantonaux vivent dans des mondes parallèles. Un peu comme lorsque vous demandez un deuxième avis médical. La boîte à surprise.

Et que dire de la ridicule gestion de l’espace dans les patinoires… vides. Parce que nos autorités sanitaires imposent aux clubs que les tous les membres des médias présents soient condensés dans un même secteur. Sans possibilité de distanciation sociale. D’une logique implacable.

Récemment, j’ai eu l’audace de m’éloigner du secteur réservé, le temps d’un coup de téléphone. Le temps aussi de me faire enguirlander par un employé un peu zélé. J’étais pourtant seul avec moi-même. Mais non, il faut se rapprocher des autres et éviter de passer d’un secteur plein à un secteur désert.

Heureusement, sur la tribune des médias, il y a souvent des plexis qui nous séparent les uns des autres. Comme sur le plateau de MySports. Et comme au hockey !

J’en ai marre

De ces connaisseurs de hockey d’un nouveau genre. Ceux qui, grâce à l’avènement des statistiques dites « avancées », sont cités comme de véritables prêcheurs du hockey « moderne ». Un terme vide de sens qu’ils utilisent afin de justifier leur approche consistant à compiler des données souvent aléatoires recueillies par d’autres.

Sans nier l’apport grandissant de ce type de statistiques, il faut les relativiser et surtout en laisser l’interprétation aux spécialistes. De la passion, des notions mathématiques et surtout beaucoup de visibilité sur les réseaux sociaux ne suffisent pas pour devenir une référence dans le domaine du hockey.

À l’instar de nombreux entraineurs, Christian Dubé est divisé sur cette tendance venue d’Amérique du Nord. Parce que contrairement au baseball, dans lequel les statistiques avancées trouvent leur origine, le hockey ne comporte pas de situations figées. C’est un sport en mouvement où les joueurs sont interdépendants. Ce qui rend l’analyse très complexe.

Dans les colonnes de « La Liberté », le coach de Fribourg admet s’appuyer plus souvent qu’autrement sur son feeling. Ce qui ne fait pas de lui un coach rétrograde pour autant. Car les statistiques ne disent pas tout. Les qualités techniques, le sens du jeu, la gestion de l’espace, l’anticipation, l’attitude et le leadership ne sont pas chiffrables.

Et fort heureusement, toutes ces qualités s’observent de la bonne vieille manière. C’est-à-dire en regardant les matchs d’un œil averti.

Christian Dubé

J’en ai marre

D’entendre parler des réformes du hockey suisse et particulièrement de ceux de la National League. Parce qu’à la fin, peu importe ce que les fans écrivent et ce que les dirigeants de la SIHF en pensent, les clubs feront fi des jérémiades populaires.

Stéphanie Mérillat avoue sans détour, sur « lematin.ch », que la seule chose qui lui fait peur actuellement, c’est l’aspect financier avec des sponsors et des donateurs qui pourraient les lâcher en raison de leur situation dramatique. Un message claire et limpide sur l’ordre de ses priorités.

Dans le même article, Sacha Weibel renvoie poliment la fédération à la « cueillette de fraises ». En rappelant, avec raison, que ce sont les clubs qui paient une grande partie du budget de fonctionnement de la SIHF. Et qu’elle devrait cesser de mordre la main qui la nourrit.

​​​​​​​Les sept étrangers

La lettre publique de Raphael Berger visant à rassurer sur le sujet est composée de calculs d’apothicaires prouvant qu’avec la nouvelle réglementation, il n’y aura que sept étrangers de plus, soit 84 au lieu des 77. Un total qui comprend les 28 joueurs à licence suisse sans passeport helvétique et le cinquième étranger possible pour ZSC Lions.

Une théorie qui s’appuie sur l’improbable hypothèse que les 28 licences suisses concernés garderont leur job. Qu’ils ne seront pas remplacés par des étrangers « top notch ». Une affirmation surprenante de la part du directeur général d’un club avec des ambitions qui pourrait être tenté d’engager sept étrangers aux CV reluisants.

Le plafond salarial

Concernant les salaires, les langues se délient gentiment. Dans le Journal du Jura, Daniel Villard affirment qu’en 2018-19, la masse salariale des clubs oscillait entre 5 et 12,5 millions. Et qu’il y avait quatre clubs dans la fourchette supérieure, cinq au milieu, et trois vers le bas. Ne lui restait plus qu’à donner le nom des clubs et il aurait tout dévoilé. Mais l’énigme se résout aisément. 

En considérant que le LHC a haussé ses salaires et que Gottéron en fera autant dans un avenir proche, on peut supposer que six équipes se situeront largement au-delà des 10 millions. Dans ce contexte, pensez-vous que les clubs ambitieux, donc les plus riches, voteront un plafond bien inférieur à 12 millions pour dégager des profits quitte à être moins compétitifs sur la glace ? La question reste ouverte.

Heureusement, selon Stéphanie Mérillat, il y aura de lourdes taxes financières pour ceux qui dépasseront ce fameux « soft cap ». Une règle qui, à mon avis, pourrait creuser le clivage entre les très riches et les autres. Ce d’autant plus qu’un président a déjà annoncé son intention de dépasser ce plafond au besoin. Ça commence bien.

J’en ai marre

De voir les équipes de NHL recycler d’anciens directeurs généraux. À l’exemple des Penguins de Pittsburgh, qui ont engagé Brian Burke, âgé de 65 ans. L’homme aux trente ans d’expérience sera épaulé par Ron Hextall, l’ancien gardien des Philadelphia Flyers. Un duo qui ramènera du jeu basé sur l’aspect physique dans la ville de l’acier.

Brian Burke

La franchise appartenant à Mario Lemieux en a étonné plusieurs en choisissant Burke. Un homme reconnu notamment pour sa lutte contre l’abolition des bagarres en NHL. Des propos souvent controversés que Burke distillait à la télévision suite à son congédiement des Flames de Calgary.

Heureusement, parmi tous les messages de félicitations qu’il a reçus, celui de Ryan Getzlaf résume bien l’opinion générale : « content de te revoir dans le business Burkie, tu n’as jamais été bon à la télévision de toute façon ».

Bonne semaine à tous
Stéphane