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Article - Oh my God !

L’harmonisation des règles de jeu avec celles de NHL mettront les arbitres au premier plan en ce début championnat. Si plusieurs nouveautés échapperont à l’œil des amateurs, d’autres piqueront la curiosité. On se dirige vers une plus grande zone grise. Mon Dieu !

La disparition des « deux plus dix »

C’est la fin des célèbres 2’ + 10’ pour les charges à la tête, dans le dos ou contre la bande. Une sanction intermédiaire qui n’a d’ailleurs jamais existé en Amérique. Les arbitres européens se disent généralement soulagés par ce retour en arrière.

Mais cette simplification dissimule des complications (sinon c’est pas drôle). Ainsi il n’y a plus de pardon pour une charge par derrière avec une sanction de 5 minutes et une exclusion du match. En revanche il est encore possible de recevoir un simple 2 minutes pour une charge à la tête lorsqu’elle est jugée accidentelle. Bonjour l’interprétation.

En ce qui concerne la charge contre la bande, à l’instar de quelques autres pénalités, les zèbres ont une marge de manœuvre accrue. Ils ont en effet la possibilité d’infliger un 5 minutes sans expulsion pour le reste du match. Du style NHL.

Pour ces charges autour desquelles un consensus est difficile, on peut anticiper une recrudescence des pénalités majeures. En particulier pour la charge à la bande. Car n’étant pas systématiquement synonymes d’expulsion, elle devient moins conséquentes. Une sorte de compromis.

Notez au passage que pour les infractions commises avec la crosse, la règle ne permet pas d’infliger seulement 5 minutes. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer après tout. Ça permet de faciliter l’incompréhension des fans.

La règle des couche-tôt

Les Suisses se couchent tôt parce qu’ils bossent tôt le lendemain. On souhaite donc que les matches se déroulent rondement, sans d’interminables interruptions pour la consultation vidéo. Des doléances qui proviennent aussi du monde journalistique en raison de ce maudit deadline.

Une partie de leurs vœux sera peut-être exaucée puisque les arbitres ne peuvent plus consulter la vidéo de leur propre chef pour d’éventuelles obstructions sur le gardien. Comme pour les hors-jeu préalables à un but, ils doivent attendre le challenge officiel d’un coach.

Mais ces challenges ne sont pas gratuits. Pour une requête non-fondée, l’équipe reçoit une pénalité mineure. Pour toute demande infructueuse subséquente, c’est 2’+ 2’. Cher payé juste pour aller voir. Dans le doute, ils s’abstiendront peut-être.

Le revers de la médaille est qu’il y aura probablement plus d’erreurs. Car sans challenge, les arbitres resteront sur la décision prise sur la glace. On peut aussi imaginer qu’après avoir lorgné sur les ralentis, les spectateurs murmureront si on n’utilise pas de challenge. Ce qui mettra la pression sur le coach.

Notez que les zèbres peuvent toujours consulter la vidéo pour vérifier si la rondelle a franchi la ligne, si le but a été marqué avec une crosse haute ou avec la main. Sans oublier les fameux buts du patin dont on ne connaitra jamais le fond l’histoire. Kick ou pas kick ?

Les arbitres de National League ont plusieurs nouveautés dans le livre des règlements cette saison.

Zone limitée pour les gardiens

L’harmonisation des règles avec celles de la NHL est aussi visible en rouge sur blanc. Car des nouvelles lignes délimitant la zone où le gardien peut toucher la rondelle sont tracées. Une façon d’empêcher les portiers d’aller dans les coins pour jouer le rôle de troisième défenseur.

Toujours dans le but de favoriser l’offensive, le nombre d’engagements aux extrémités devraient légèrement augmenter. Car si un attaquant tire ou fait dévier le puck à l’extérieur de la surface de jeu en zone offensive, le face-off suivant se fait en zone d’attaque.

Les possibilités de prendre un timeout salvateur dans certaines situations sont aussi réduites afin d’asphyxier encore plus l’équipe qui est « dans le trouble ». Ce sera notamment le cas après un dégagement interdit, comme en NHL.

Fini aussi les pénalités pour crosses hautes lorsqu’un joueur touche ou blesse un adversaire en effectuant un tir. C’est désormais la faute à « pas de chance ». Un autre exemple qui prouve que le pardon sera plus facilement accordé aux joueurs fautifs.

De quoi faire rager les grands partisans de la tolérance zéro…  

La fameuse règle 69

Dans une sorte de mouvement de « tête à queue », l’IIHF a incorporé le paragraphe suivant aux règles de jeu, dont voici le titre et le texte traduits en français :

RÈGLE 69 – OBSTRUCTION SUR LE GARDIEN

PAS TOUJOURS NOIR ET BLANC

Même si nous aimerions avoir une règle noire et blanche sur l'obstruction des gardiens de but, il y a encore des situations où nous pouvons trouver des arguments des deux côtés. Nous n'atteindrons très probablement jamais un point où nous serons tous sur la même longueur d'onde. Il est possible que lors de l'analyse d'une scène en vidéo, dix officiels ou dix entraîneurs se retrouvent dans une situation 50/50.

Oh my God !

La zone grise fait maintenant partie du livre des règlements.

Bonne semaine à tous !
Stéphane